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Izo

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les avis de Cinemasie

7 critiques: 2.46/5

vos avis

30 critiques: 2.81/5



MLF 3.5
Ghost Dog 2.5 Anarcho-nihiliste à souhait, un défouloir foutraque qui laisse pantois
Sid 5 Démoniaque Odyssée aux accents révolutionnaires.
Ordell Robbie 0.25 Prétentieux et pseudo-expérimental.
Xavier Chanoine 1.5 La mythologie de l'absurde.
Marc G. 3.5 Le non-sens absolu
drélium 1 o_O.. Happening arty de 2h10 complètement vide de sens.
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Démoniaque Odyssée aux accents révolutionnaires.

Je viens de voir ce film après avoir lu toutes les critiques concernant ce chef d'oeuvre. Tout ce que l'on peut dire la dessus, c'est que parfois, le spectateur peut lui aussi être vide de sens et d'ouverture d'esprit. Ce film est le miike le plus personnel qu'il ait réalisé jusqu'a présent. C'est une satire courageuse, une ôde à la révolution. Tout y passe, le mariage, l'école, la guerre, l'aristocratie, le monde du travail ... Izo est en fait l'instrument de la révolte vu par Miike, qui, entraine avec elles de nombreux morts mais de cette révolte nait un monde meilleur (en gros). Quant on connait miike, la forme n'est pas spécialement choquante, mais l'important dans ce film c'est le fond, plein d'allégories révolutionnaires magistralements misent en scène, quoi qu'en disent les pseudo intellectuels ringards. Bref, Izo confirme que Takashi Miike est un génie visionnaire, tel que pouvait l'être Bunuel ou Bergmann. Magistral.

20 novembre 2006
par Sid




La mythologie de l'absurde.

Miike le penseur, Miike le créateur, Miike l'artiste, Miike l'ennuie...doux reflet d'Izo, objet de tous les délires à la vulgarité tout bonnement incroyable. On est en face d'un chambara like des temps modernes teinté de science-fiction, d'érotisme, de gratuité dans un non-sens absolu difficilement explicable. Le sens trouve ses significations, le non-sens un peu moins, force est de reconnaître que ce produit estampillé Takashi est impossible à résumer en quelques lignes. L'histoire est simple, une sorte de vengeance barbare d'un samouraï anciennement torturé et tué par des Shoguns au 19ème siècle, revenu d'entre les morts pour semer sa zizanie dans tout Tokyo. Question originalité on repassera, le pitch est même assez pourrave entre nous, mais mérite quoiqu'il en soit l'intérêt vu que l'homme qui est derrière tout ça n'est autre que Takashi Miike, cinéaste aussi imprévisible que déroutant.

Dans le fond, Izo n'est qu'un enchaînement pur et simple de scènes de boucherie hallucinantes faisant passer la série des Baby Cart pour des comptines Playskool. Izo n'est pas là pour offrir des fleurs, non, son but est de liquider un peu tout le monde histoire de faire respecter son autorité d'esprit damné. Un jeu dangereux qui ne manquera pas d'attirer les foules extérieures, histoire de donner un peu de densité au scénario carrément limite. C'est bien gentil, mais se farcir pendant une plombe des séquences assez explicites -souvent de mauvais goût, appuyées par des discussions vides de pertinence, rien ne relève du géni où de l'oeuvre qui se démarque d'une autre. Dans le même genre on prend Ichi affublé d'un kimono et le résultat sera du pareil au même. Décevant car trop répétitif. Que dire aussi de l'incroyable vulgarité des dialogues? Ils se résument à un enchaînement de citations farfelues, de propos à connotation sexuelle pipi caca prout et autres menaces dignes d'un mauvais anime. Attardons-nous sur la complaisance ultime des scènes de barbaque où tout le monde y passe : lycéennes, grand-mères, moines, tous tombent comme à l'abattoir.

Maintenant, doit on prendre Izo au premier degré? Dans ce cas pas la peine d'aller chercher plus loin, le film est prétentieux et raté. Si le but du cinéaste est de mettre en boîte un condensé de tous les clichés inévitables du chambara des seventies, de les remanier à sa sauce dans un montage farfelu alors l'entreprise est un vrai échec. Par contre, et j'y crois encore, si l'on prend l'ensemble au second degré alors en résulte une oeuvre à plusieurs facettes : comédie loufoque servant uniquement à désacraliser le genre, c'est à dire rabaisser au maximum l'image du samouraï (une scène hallucinante lorsqu'un shogun se présente "je vais te montrer comment je manie ma lame" et se fait massacrer avant même qu'il ai pu dire ouf). Si l'on accepte cette vision du "ridicule", alors Izo est un divertissement singulier et appréciable, à condition d'être clément face à la linéarité du scénario, écrit par un gamin de cinq ans.



25 octobre 2006
par Xavier Chanoine




o_O.. Happening arty de 2h10 complètement vide de sens.

Je ne suis pas un grand fan de Miike et ne tiens pas à m'énerver face à cette chose mais je sais qu'elle m'a encore été très pénible et que je me sens très en phase avec l'avis de Kokoro. Mais tentons de rester compréhensif avec Miike pour une fois : ça ressemble beaucoup aux autres Miike et en même temps ça n'a rien à voir. Si Miike a bien une qualité, c'est de toujours tenter de nouveaux délires. Izo est donc une grande et loongue soupe typique du réalisateur qui mise encore plus sur l'expérimentation plombée de rien. Il n'y a pas de trame logique, juste une errance au hasard. Le guerrier sabreur immortel et maudit passe d'un lieu à l'autre, d'un temps à l'autre, fait des rencontres silencieuses et massacre tout le monde sur son passage, que ce soit fantômes, monstres, samouraïs, CRS, gangs, femmes et j'en passe, mais ce n'est surtout pas pour l'action ou un récit quoique cela le laisse à penser. Tout est éclaté, dispersé comme autant de mini scénettes nonsensiques sans aucun lien logique ou un minimum de relief. C'est un film vraiment très étrange, plus que ses autres projets, et surtout très pénible à regarder tant on ne parvient pas à suivre quoi que ce soit. Un film volontairement encore plus perturbateur que les autres qui souhaite nous paumer et y réussit très bien jusqu'au saoulage intégral. Les dialogues sont minimaux, murmurés, pseudo métaphysiques et psychanalitiques mais surtout creux et de toute façon complètement inutiles, uniquement là pour faire arty. Le scénario se veut complexe et mystérieux alors qu'il tient en une ligne, comme le plus souvent avec Miike. Izo rappelle d'ailleurs Gozu ou Visitor Q dans les thèmes chers à Miike, le fils en quête de repères parentaux, le passage à l'âge adulte, la douleur physique, les mutilations et autres douleurs psychosomatiques à la Cronemberg, des thèmes bien mal abordés en réalité, qui s'effacent vite au profit d'une mise en scène volontairement incompréhensible et particulièrement pénible. Plus encore que de coutume, Izo est très, très longué, suspendu dans le temps pour ne pas dire interminable. Bref, c'est pas parce que l'on aime le space made in Miike que l'on sera certain d'apprécier ce néo chambara nihiliste obsédé sado maso expérimental, sanglant et chaotique qui s'apparente plus à un happening de 2h10 qu'à un film.

En même temps et personnellement, c'est surtout et encore du foutage de gueule intégral car au final, il n'y a rien à comprendre, juste une envie de Miike de faire "in" et une envie à moi de faire "off". Mais ça peut plaire surtout qu'au niveau technique strictement, c'est plutôt joli, toujours osé, recherché visuellement, varié, parvenant au moins esthétiquement à sembler artistique. C'est ça le pire, du gâchis de talent ce Miike.

08 mai 2005
par drélium


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